Ma Vie était Vide

    Je suis née deux fois.
    La première en juin d’une année en 4.
    La seconde en février d’une année en 6.

    Avant ma vie était vide.
    Je ne vivais pas.
    Je ne pouvais vivre.

    Avant ma vie n’avait pas de sens.
    Elle ne m’apportait rien.
    Je ne lui apportait rien.

    Et puis je suis renée.
    Il a fallu des mois, des longs mois,
    Pour que je tâte la vie.

    Et puis je suis renée encore.
    Il a fallu des mois, des petits mois,
    Pour que je croque la vie.

    Mais avant fût tellement dur.
    Avant fût tellement vide.
    Avant fût tellement ténébreux.

    Puis après fût tellement beau.
    Après fût tellement plein.
    Après fût tellement lumineux.

    Alors la dichotomie s’est faite sentir.
    Elle a hurlé son écartèlement.
    Elle a figé un instant sa présence.

    Et il fallu la comprendre.
    La comprendre pour la dompter.
    La comprendre pour la calmer.

    Tant de vide, puis tant de plein possible.
    Comment réguler toute cela ?
    Comment ne pas s’écarteler à son tour ?

    Pourquoi cette injustice ?
    Il n’y a pas d’injustice.
    Il n’y a que la vie.

    Alors il est temps de grandir.
    Il est temps de monter.
    Il est temps de respirer.

    Le plein est là.
    Il ne peut plus partir.
    Il ne le peut plus.

    La vie est comme la clef,
    Une fois connue, elle ouvre.
    Une clef ne peut qu’ouvrir.

    Ainsi il nous faut accepter,
    Accepter le passé,
    Accepter la vie.

    Et puis nous respirons enfin,
    Nous comprenons les sens.
    Et puis il commence à poindre.

    Le chemin, là devant nous.
    Il nous est peu dessiné,
    Mais il est présent.

    Ses traces nous guident,
    Ses contours nous les voyons.
    Mais il est encore peu net.

    Alors nous nous devons d’y aller,
    De nous lancer vers lui.
    Même si nous ne le voyons qu’au loin.

    Et la force doit se prendre de lui,
    La force d’arriver à son début.
    Cette force doit nous remplir.

    Et la musique alors commence à s’entendre.
    Subrepticement nous la devinons.
    Mais elle doit nous nourrir.

    Car la lueur de la vie et du plein sont devant,
    Et derrière sont les autres, les non.
    Mais ici est l’entre-deux.

    Cet entre-deux où tous nous est visible,
    Tant le passé que le futur.
    Tout est trop alors.

    Car il crée l’envie, le désir.
    Il tend à croire en l’injustice.
    Nenni. Force n’est pas mal.

    Résister n’a pas de sens,
    Ou un sens du passé.
    Construire est le futur.

    Construire est le présent.

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