En Question : Absolument pas d’absolus ?

Bonjour à toutes et tous,

Je voudrais poser une question qui me fait sens, celle de l’interdiction d’avoir des absolus.

Nous sentons l’oxymore pointer de sa grande aura …

Car ne pas vouloir, ou interdire, ou encore dire absolument pas avoir des absolus est un petit peu contradictoire, si l’on reste diplomatique …

Je n’aime pas les absolus, j’en ai même une sainte horreur !

Les absolus n’existent pour moi que dans un monde idéal, en mathématique pure, déconnectés du réel justement. Lorsque nous pensons en simples vérités mathématiques, vrai ou fausse. Et ce n’est que dans ce monde là qu’elle ne peuvent épistémologiquement exister pour moi. Et ces absolus de vérités ont sens dans ce contexte précis. Bien évidemment !

Ailleurs, c’est porter une binarité qui n’est pas la vie.

Alors comment dépasser cette contradiction de ne pas vouloir d’absolus, en en mettant un nous-même par cette simple assertion !

Nous n’avons que peu de choix.

Baisser notre niveau d’absolu pour être cohérent avec nous-mêmes.

Baisser, n’est pas négatif.

Car aller trop loin est négatif, dans ce trop. Nous avons dépassé nos limites, ou nous avons cédé à une tentation interne.

Dans tous les cas, revenir sur ses pas est un gage de sagesse évidente me semble-t-il.

Donc reculons.

Si nous baissons notre assertion, que devient-elle syntaxiquement et sémantiquement ?

Cela pourrait donner quelque chose comme : les absolus sont pas bien.

LOL.

Si, si.

Entre vouloir accrocher l’esprit, le sien en premier, avec une tournure, et passer à un langage de caricature, je pense que nous avons une certaine marge.

Creusons et travaillons !

L’idée est laquelle ? Le sens avant la syntaxe.

L’idée est de vouloir dire qu’un absolu est une limite que l’on ne doit pas franchir, comme l’idéal un but à ne jamais atteindre.

L’un et l’autre sont des fantasmes de nos esprits, des fantasmes issus de nos peurs, de nos angoisses, de nos rêves, de nos fuites.

Un fantasme a son sens, mais dans l’esprit, pas dans le cœur, ni dans la vie.

Alors, idéal et absolu, même combat ?

Sûrement, car un idéal est un absolu parfait, sans même rentrer dans sa définition mathématique !

L’absolu alors peut-être chargé de négatif, de positif ou être neutre. Cette charge morale, car la vie est dans le bien et le mal, est alors indépendante de la charge intrinsèque de l’absolu. Même neutre, cela ne change rien.

Un absolu est une fantasmagorie imaginaire, déconnectée du réel, du vivant.

En cela, il n’a pas de charge morale, il est juste inadapté !

Un mauvais outil pour un mauvais travail. Ou toutes les mauvaises combinaisons possibles …

Alors, où en est-on ?

Pourrait-on dire alors plutôt : l’absolu est inatteignable.

Nous approcherions, mais perdons en sens.

Mais peut-être gagnons en sagesse, en profondeur, en réflexion, en … justement plus d’absolu ! Nous n’imposons rien, nous constatons. Libre de le prendre, de l’étudier, ou de le remettre en question en tentant soi-même de l’atteindre et d’en tirer ses conclusions.

Et là, c’est peut-être très intéressant, car nous avançons peut-être vers plus de subtilité, plus d’intelligence peut-être.

Vers un point où nous conservons notre discours, sans le dénaturer, mais en descendant de notre piédestal où nous crions il y a encore quelques minutes en haranguant les foules avec notre absolu.

Ici, nous le partageons avec une intention toute différente.

D’ailleurs, n’est-ce pas la différence ?

Dans l’assertion : absolument pas d’absolu, puis dans celle : l’absolu est inatteignable, quelle différence faisons-nous ?

Dans la première, une intention évidente : transmettre le message, le marteler et bien faire entendre et comprendre notre point de vue.

Dans la seconde, une assertion, mais il y a-t-il une intention ? Je ne crois pas, je ne la vois pas. J’ai beau tourner autour, je ne vois qu’un partage : un envoi qui résonnera ou pas, qui fera écho ou pas, qui n’est nulle autre chose que des mots personnels énoncés.

A qui voudra la prendre, il en fera ce que bon lui semblera ! Aucune intention ou pré-jugement dans cette seconde assertion.

La première pré-jugeait au sens évident où l’on devait … absolument donc, suivre cette assertion, sous-entendu implicite : la foudre divine que je suis s’abattra sur toi !

Quelle humilité.

LOL.

Je crois que l’on va rester sur cela plutôt : l’absolu est inatteignable.

C’est déjà en tous cas mieux.

Est-ce idéal … certes non, mais nous allons tourner en boucle sur les concepts, alors arrêtons nous là par humilité, il vaudra mieux!

Voila, c’est dit !

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