Il était une fois une humanité …

 

    Une humanité naquit un jour dans un bel endroit de l’Univers.

    Elle avait conquit son statut en sortant des terres arides et des longues et larges plaines, pour s’installer dans des endroits où elle pourrait vivre et s’épanouir.

    Alors son installation en tant qu’humanité ne se fit pas sans mal et la suite non plus, mais elle avait quelque chose de touchant dans sa façon d’être et de vivre. Une forte propension à avoir bien sûr, mais rien d’anormal dans une évolution. Elle sortait de l’animal peureux pour découvrir ce qu’il y avait après.

    Et après était toujours plus grand et plus angoissant, plus merveilleux aussi. Mais peu d’humanité le voyait aussi rapidement que celle-ci. Celle-ci avait dès le début et partout voulu chercher ce merveilleux, et sans savoir ce qu’il était. Elle le cherchait en le sentant là à proximité.

    Elle avait commencé bien avant en s’occupant de ses morts par exemple, elle ne savait pas pourquoi elle faisait cela, mais elle ressentait une presque obligation de le faire. Elle tâtonnait dans le noir.

    Puis elle avait créé des foyers de vie qui devenaient progressivement des foyers de civilisation, et partout, et c’est cela qui est fort de sa part, elle avait développé cette recherche vers le merveilleux.

    Alors bien sûr, elle ne savait pas que c’était le merveilleux qu’elle recherchait, mais elle avançait dans cette direction. Partout où cette humanité avait crée des foyers de vie, elle se posait des questions sur la vie, sur la mort, sur qui était cet humain et de quoi il était capable. Elle créa de partout des panthéons de divinité qui l’aidèrent à mieux chercher. Partout elle commença le travail de symbolisation et d’initiation.

    Et là elle commença à émerveiller.

    En un lieu appelé Egypte, elle avança durant des millénaires dans cette voie. L’humanité était rude évidemment, comme toute humanité. Il ne peut en être autrement de par l’Univers. La sortie de l’animalité pour accéder à la pleine humanité est un chemin très long. Mais peu, voire rares, sont celles qui ont cette flamme en elle à leur début.

    En cette Egypte, les panthéons rythmaient la vie de ce foyer. Les dieux aidaient à tout, à tout moment et lieu de la vie. La prêtrise était le chemin de l’initiation, mais elle diffusait dans toute la vie commune. Et ce fût assez intéressant de voir comment ce foyer, et d’autres, utilisèrent cette prêtrise pour l’ouvrir à la connaissance. La connaissance de l’humain et la connaissance de son environnement.

    Ils développèrent ici et partout ailleurs les sciences grâce à cette envie du merveilleux.

    Ils avaient cette flamme qui demandait à comprendre et à être heureux. Ils mettaient en place la porte vers l’harmonie.

    Alors oui, ces temps premiers furent guerriers aussi, c’est une humanité. Mais d’aucun n’avait eu cette possibilité encore de conquérir.

    Ce temps fût venu un jour par la suite, et certains de par leur géographie et le temps, purent commencer à conquérir plus ou moins lointainement. L’idée fût installée en elle, et suivra son cours régulièrement.

    Mais ces temps premiers autour de cette Egypte n’étaient que peu conquérant, beaucoup de petits foyers purent se développer, voire prospérer en lien ou pas avec cette grande Egypte. Ils s’appelaient Phéniciens, Grecs ou Hébreux pour ceux qui exploraient le plus. Certains exploraient le monde autour d’eux, d’autre la science de l’humain et d’autre encore la connaissance du divin.

    Pas d’harmonie évidemment à ce moment, mais un début de magie pour une telle jeunesse. Et de surcroît, ailleurs cela se faisait aussi. Mais pas dans cet environnement de foyer et de géographie diffusante.

    Et un jour, un autre foyer naquit, mais différemment. Il partit d’un petit groupe et ne s’intéressait pas au territoire, ni à avoir une société établie ou à fonder une civilisation. Ce petit groupe était la pointe émergée de ce début de merveilleux travaillé les siècles d’avant dans cet endroit de cette humanité.

    Ce petit groupe essaimât rapidement, car il ne portait que des paroles issues de cette recherche du merveilleux, il ne parlait qu’aux humain de l’humanité. Et ces humains entendaient forcément.

    Puis ces Chrétiens, c’était leur nom, se développèrent très lointainement au fil des siècles suivants, ils n’avaient pas de territoire, mais portaient quelque chose qui résonnait. Cette résonance, synthèse des Égyptiens, des Phéniciens, des Hébreux, des Grecs et des Arabes par la suite. Et de leurs travaux sur l’humain et le divin qui permet juste de relier l’humain pour chercher cette harmonie.

    Rien n’était parfait, le discours était balbutiant et l’enseignement empirique, mais il avait sens.

    Puis … cette idée de conquête qui avait déjà fleuré se développait aussi en parallèle de ces siècles dans ce lieu de géographie et de vie. Et les deux s’emmêlèrent alors …

    La perte du sens se fit au fil des siècles pour utiliser ce sens comme un pouvoir, comme un moyen sur les autres humains et non plus comme un outil pour les humains.

    Les temps furent sombres en ce lieu. Pour longtemps.

    Ailleurs, l’alchimie ne put se faire comme cela de par la géographie qui empêchait trop de rencontres ou trop de conquêtes. En ces lieux, cette humanité avançait comme l’on peut le voir dans d’autres humanités. Dans une voie unique qui n’oublie pas son histoire, qu’elle soit bonne ou mauvaise.

    Et cette humanité arrivât alors à un moment où elle avait totalement perdu le sens et le contenu du travail des anciens. Cette humanité, car ce lieu était le plus grand foyer de vie qui s’étendait en elle. Il prenait le pouvoir sur elle.

    Mais, et c’est là où cette humanité est très intéressante, c’est que des petits groupes au cours de ces siècles de perte, ont conservé ce message des anciens. Le message initial était plus ou moins perdu, la prêtrise officielle et l’initiation continue n’étaient plus là. Tout avait disparu des anciens, au profit d’un discours global et sacré accessible au profane.

    Cette idée était belle. Ne plus avoir d’initiation pour ne plus réserver à certain, mais diffuser à tous. Cette belle idée fut le couperet de tout message transmis, car il fut pervertit par le pouvoir de conquête.

    Alors ces petits groupes tentèrent ci et là, au fil des temps, de retrouver ces mots et paroles perdues, ces connaissances perdues et ces transmissions perdues. Juste parce-que la recherche du merveilleux était ancrée dans cette humanité. Elle ne pouvait faire marche arrière. Elle avait vu la porte devant elle, et même si certains de ses humains voulaient l’ignorer, elle était là dans leur histoire.

    S’ensuit des temps de recherche de l’ancienne connaissance et de complément avec la connaissance du moment. Ces groupes étaient disséminés et peu nombreux et ont ouvert à nouveau la voie de l’initiation. Mais cette fois-ci par peur, par peur de n’être découvert hérétique par le pouvoir. Ces initiations étaient aussi sur le fond du message ancien et nouveau, mais il n’avait plus cette magie simple ouverte sur le monde et la vie.

    Ces groupes cherchant la parole perdu et tentant de retrouver à travailler ce merveilleux, furent persécutés et traqué selon les périodes. Aucun ne reconnaissait l’autre, car tous partaient de leur endroit sans vouloir aller vers l’autre. La perte d’unité était totale. Certains se sont dévoyés et ont été dévoyés.

    La suite de son histoire fût différente, mais c’est ce début qui est très intéressant à connaître.

    Une humanité avait pour une très rare fois touché du doigt le merveilleux au début de sa jeune histoire. Mieux, elle avait presque centrée sa vie sur cette recherche et l’avait ouvert à la connaissance de tout.

    Puis elle avait trébuché.

    Et elle était tombé.

    Elle avait travaillé le merveilleux sans travailler son ombre.

    Elle avait cru pouvoir accéder au merveilleux sans se connaître parfaitement au préalable. Son ombre non travaillée avait resurgit au moment où elle put faire tomber la lumière. Et l’ombre s’installât. Puis l’ombre et la lumière arrivèrent à un compromis. Un compromis. Pas un équilibre.

    La lumière était toujours présente en cette humanité, mais elle combattait cette ombre au lieu de la connaître. Elle n’avait plus la capacité d’humblement la travailler, elle ne pouvait que cohabiter avec elle.

    Une humanité est un chemin long et compliqué, mais celle-ci avait choisi un chemin à part à son début.

    Elle avait perçu ce qu’elle était.

    Mais elle n’avait pas perçu qui elle était …

 

 

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